« Etre reconnues à notre juste valeur : tout simplement. »

Retour sur la mobilisation des sages-femmes.

Apprenant en septembre dernier que le projet de Loi de Santé 2014 ne prévoyait pas de réformer la profession de sage-femme, ces dernières ont décidé de se mobiliser dans le cadre d’un collectif rassemblant l’ensemble des organisations professionnelles et étudiantes représentant aujourd’hui le métier (Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes ; Collège National des Sages-Femmes de France ; Association nationale des étudiants sages-femmes ; Fédération santé CFTC ; Association Nationale des Sages-Femmes ; Conférence Nationale des Enseignants en Maïeutique).

Après plusieurs mois de mobilisation, la Ministre de la Santé, Marisol Touraine a annoncé, le 4 mars 2014, « la création d’un statut médical de sages-femmes des hôpitaux ». Cette décision contente les syndicats de fonctionnaires (CGT, CFDT, FO, SUD, Unsa) car elle assure le maintien des sages-femmes dans la fonction publique hospitalière. Elle satisfait beaucoup moins les organisations représentant la profession qui trouvent inadmissible que le ministère de la Santé refuse aux sages-femmes l’autonomie professionnelle et statutaire accordée aux pharmaciens et aux dentistes et appellent à une nouvelle manifestation le 13 mars 2014.

Terrains de Luttes a été rencontré une jeune sage-femme et plusieurs étudiant(e)s sages-femmes. Dans ces deux entretiens, ils nous font part de leur vécu professionnel et leur expérience de la mobilisation. Ils soulignent les difficultés à faire reconnaître l’autonomie d’une profession extrêmement féminisée dans un contexte particulier de managérialisation de la santé publique : diminution du nombre de poste, augmentation de la charge de travail, difficulté à faire reconnaître leurs compétences professionnelles et la spécificité de leur métier, logique comptable favorisant l’invisibilisation de leur travail.
Si leurs récits soulignent certaines limites des mobilisations de type corporatiste, ils démontrent aussi qu’il est possible de jouer avec les logiques de rentabilité économiques et d’efficience qui redéfinissent aujourd’hui le fonctionnement de l’hôpital-entreprise pour frapper là où ça fait mal.

Abigaïl Verlon est sage-femme. Diplômée depuis quelques années et renouvelant chaque année les CDD, elle est impliquée dans la mobilisation depuis ses débuts, le 16 octobre 2013 et espère vivement qu’elle et ses collègues se feront finalement entendre.

 – Pour commencer, ça me semblait important que tu reviennes un peu sur ton travail avant la mobilisation. Quelle est la situation des sages-femmes et comment la vis-tu ?

Quand je suis rentrée à l’école de sages-femmes, on nous a dit que c’était le plein emploi. La plupart des sages-femmes exerçaient à l’hôpital donc on savait ce qui nous attendait. Mais arrivées en 4ème année, l’école a un peu changé de discours et on a commencé à nous dire que ce serait peut-être compliqué au niveau de l’emploi parce qu’il n’y a pas assez de départs en retraite et qu’il y beaucoup trop de diplômées. Du coup, les hôpitaux en profitent, ils savent qu’on est plusieurs à demander pour un poste donc ils ne font pas d’efforts sur les conditions. Après, moi, j’estime que j’ai de la chance parce que même si j’ai enchainé plein de contrats depuis que je travaille, j’ai des copines qui se sont retrouvées plusieurs mois au chômage. L’année 2013, c’est la première année où il y a eu autant de sages-femmes au chômage : c’est la première fois que ça a été sur de longues périodes et que ça n’a pas été un choix de la part des sages-femmes. C’est aussi pour ça qu’on se bat.

 – Tu penses que cette situation est liée aux réformes hospitalières actuelles ?

Effectivement, ça joue. Les départs en retraite ne sont pas remplacés, ils titularisent de moins en moins et le moins possible. Par ailleurs, beaucoup de sages-femmes qui exercent sont à temps partiel à 80%, par choix, pour s’occuper de leurs enfants par exemple. Ils ont donc besoin de CDD pour combler les temps partiels mais ils ne souhaitent pas te titulariser ou te proposer un CDI parce que si jamais les sages-femmes reprennent à temps plein, ils ne savent pas ou te mettre. Et puis, il y a aussi le regroupement des maternités : toutes les petites maternités ferment et elles se regroupent en grosses maternités et du coup, il y a besoin de moins de sages-femmes pour faire le même boulot.

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– Et pourquoi tu n’es toujours pas embauchée alors que ça fait plusieurs années que tu enchaines les CDD ? Toi, tu ne combles pas un temps partiel ?

Si, si. Nous, sur toutes les sages-femmes qui exercent, parmi celles qui sont vraiment titulaires de leur poste, seulement 1/5 sont à temps plein: les autres sont à temps partiel. Après, les sages-femmes qui y travaillent ont envie de profiter à côté. Donc, ils ne veulent pas me stagiairiser et me titulariser parce que si deux reprennent à temps plein, ils considèrent qu’on est de trop.

 – Et donc, depuis combien de temps êtes-vous mobilisées ?

Depuis le 16 octobre 2013. J’ai arrêté de compter les jours. Ce jour là, c’était un appel à manifester qui n’a pas été lancé pas les grandes centrales, c’est un des deux syndicats professionnels qui a appelé à la grève parce que depuis plusieurs années, on fait régulièrement des journées de grève pour à peu près la même chose sans être jamais vraiment écoutées. Là, cette fois-ci, le gouvernement avait annoncé le plan de santé pour 2014 et dans le chapitre de la périnatalité où ils recensent le suivi de grossesse, l’accessibilité à l’hôpital, la sage-femme n’est jamais mentionnée alors qu’ils n’arrêtent pas d’augmenter nos responsabilités et que maintenant, on a le droit de faire plein de trucs et qui veulent qu’on s’installe en libéral parce qu’on coute moins chères que les médecins et c’est pour ça qui continuent à en diplômer autant. A coté de ça, dans le plan de santé, on n’existe pas. Donc, ça nous a mis en rogne et au départ, c’était juste un sitting illimité devant le ministère de la santé. Le premier jour, il n’y a pas eu une grande mobilisation . C’était surtout les étudiants mais sur Paris, elles ont beaucoup bougé, elles se sont beaucoup mises en grève et ça a suivi et au bout de 5 jours, il y avait déjà la moitié des maternités de France qui suivaient. C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase mais on revendique comme d’habitude, une revalorisation du statut, être plus visibles pour la population parce que les patientes ne savent pas ce qu’on a le droit de faire et donc ne viennent pas vers nous. Etre reconnues à notre juste valeur, quoi : tout simplement.

– Tu parlais du syndicat professionnel : n’y-a-t-il pas un débat entre d’un coté les centrales syndicales et de l’autre le syndicat professionnel ?

En fait, il y a deux syndicats professionnels. Celui qui a appelé à la grève, l’ONSSF (Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes) demande à ce qu’on sorte de la fonction publique et qu’on sorte du titre 4 pour rentrer dans la partie médicale de l’hôpital, le titre 2, là où sont toutes les autres professions médicales, c’est à dire les médecins, les dentistes et les pharmaciens.

Nous, les sages-femmes, on est les seules professions médicales qui sont dans le titre 4, donc le titre des professions paramédicales de l’hôpital. En réalité, ce n’est pas qu’on recherche la sortie de la fonction publique, on revendique surtout d’être dans la même case que tous ceux qui sont équivalents à nous au niveau hiérarchique. En fait, les grosses centrales ne souhaitent pas qu’on en sorte parce qu’ils ne pourront plus nous représenter : si on est plus fonctionnaires on ne dépend plus d’eux et donc ils estiment qu’en tant que femmes, sages-femmes, on a besoin des avantages de la fonction publique. En fait, le problème du titre médical, c’est qu’il est plus précaire, on n’a pas de sécurité de l’emploi, il n’y a pas les mêmes conditions pour la retraite, il faut travailler plus, plus longtemps sans compter ses heures.

 – Qu’en penses-tu, toi ?

Je pense que de toute façon, tant que l’on restera comme on est, on n’évoluera pas.  Après, le problème, c’est que les médecins ne sont pas pour qu’on arrive au même niveau qu’eux. Ils ont peur que si on sort du statut de fonctionnaire, on les bouffe, je pense. C’est pour cela que les gynécos hospitaliers nous soutiennent mais pas les gynécos de ville. On a toujours travaillé en harmonie, côte à côte parce qu’on est deux professions qui dépendent l’une de l’autre et en fait notre mouvement leur fait un peu peur parce qu’ils ont l’impression qu’on demande des choses auxquelles on a pas le droit, qu’on demande à être reconnues comme eux, comme si on avait dix ans d’études alors qu’on en a fait que cinq : ça fait débat.

– Et, ça ne se discute pas une revalorisation à bac + 5 dans le cadre de la fonction publique ?

Ca voudrait dire qu’il faudrait nous créer une grille. De toute façon, le titre 4, c’est les professions paramédicales. Si on nous crée une grille dans la fonction publique, par la suite, les infirmières vont évoluer, considérer qu’ayant fait un certain nombre d’études, elles rentrent dans notre grille et on reviendra au point de départ. Alors que si on va dans le titre 2, on est avec les autres professions médicales, là où est notre place parce que dans le code de la santé publique, on est définies comme une profession médicale. En fait, c’est ambivalent : dans les textes de la santé publique, on est médical, dans les textes de l’hôpital, on est paramédical. Ca ne va pas. Après, le problème c’est que la ministre ne nous le proposera jamais, ça, parce qu’on est des femmes…

– Tu penses que ça joue beaucoup le fait que soyez des femmes dans la manière dont vous êtes perçues ?

Ca joue dans la manière dont est perçues, c’est sûr et ça joue aussi sur la mobilisation parce qu’en fait, il y a eu de nombreuses grèves ces dernières années. Depuis que je suis étudiante, il y a beaucoup de grèves et on n’a jamais rien obtenu et s’il y avait 40% d’hommes, je suis certaine qu’on n’en serait pas là, je suis presque sure. D’ailleurs, c’est idiot mais quand tu regardes tous les reportages qui sont passés, il n’y a que 2% d’hommes mais dans tous les reportages sur la grève des sages-femmes, il y a un homme qui est interviewé. Ca définit très bien les choses. Et puis, sur tous les articles, il est question du fait qu’il s’agit d’une profession qui se masculinise. En fait, ce sont peut-être ces 2% qui vont nous sauver !

– Ce type de débat entre le syndicat professionnel et les centrales, ça ne pèse pas sur la mobilisation ?

En fait, je pense que ça joue aussi dans notre difficulté à être crédibles : la profession est divisée. Certaines veulent rester fonctionnaires, ce qui se comprend très bien quand tu arrives en fin de carrière, que tu ne fais pas ça pour les responsabilités, que tu aimes ton métier et que tu recherches la sécurité de l’emploi. Je dirais qu’il y en a la moitié qui veulent rester comme elles sont et l’autre moitié qui veulent changer. Malgré tout, il y a 80% de grévistes. Mais, c’est vrai qu’il y a des débats voire des tensions.

– Et comment se positionne l’autre syndicat professionnel ?

L’autre, l’UNSSF (Union Nationale et Syndicale des Sages-Femmes) souhaite qu’on reste dans la fonction publique. En fait, il défend beaucoup plus les libérales. Il lutte pour l’accouchement à domicile : ils n’ont pas du tout la même philosophie, mais en fait, contrairement aux grandes centrales, ils ne sont pas trop intervenus durant le mouvement. Après localement, les représentantes des grandes centrales soutiennent la mobilisation même lorsqu’elles ne sont pas ok avec la revendication de la sortie de la fonction publique. Dès le départ, il y a ce problème du statut et malgré tout, la plupart des sages-femmes suivent la mobilisation pour la profession. Il n’y a donc pas de grosses tensions entre nous. La question de la reconnaissance, des responsabilités qui augmentent, du fait qu’on risque autant que le gynéco de garde lorsqu’il y a un litige, ça nous concerne toutes : on a une responsabilité croissante et on a pas le salaire qui va avec. Pour un Bac +5, on n’est vraiment pas payées cher.

– Comment se passe l’organisation de la mobilisation ?

Il y a des AG en Ile de France qui sont bien suivies. Dans les hôpitaux, on fait des réunions internes tous les mois à peu près. Mais, c’est surtout par Facebook qu’on est informées. Le syndicat qui a appelé à la grève communique par Facebook. Après, on a peu de moyens d’actions parce que même si on est grévistes, avec le service minimum, on va travailler.

D’ailleurs, tu as entendu parlé, je suppose des arrêts maladie qu’on déposé certaines sages-femmes ? Au départ, ça ne devait pas se passer comme ça. Il avait été évoqué de durcir le mouvement, après notre dernière rencontre avec la ministre qui avait été décevante. Et, tant qu’on continue à bosser, notre grève est invisible. Donc, à la base, on voulait faire une journée nationale sans sages-femmes. Et les sages-femmes à Paris, elles ont décidé de se mettre dès le lendemain en arrêt pour 3 ou 4 jours mais ça nous a pas servit parce que tu coup, ça fait gros. C’est vrai que ça a fait coup de poing : des maternités ont fermé, ont transféré les patientes, ça a eu l’effet qu’elles voulaient que ça ait. Mais, si ça avait été national, ça aurait été plus symbolique encore.

– Et donc l’information passe par le syndicat via-Facebook ?

Oui, ils transmettent les messages, publient les comptes-rendus des réunions. Après, de toutes façons, au niveau des actions, dans la mesure où on est assignées à travailler, on est coincées. La seule chose qu’on fait, c’est qu’on a arrêté de coder les actes. En fait, même si c’est la sage-femme qui pratique l’acte, on cote un acte pratiqué par un médecin et donc, au niveau de la sécurité sociale à l’hôpital, nous, on est invisibles. On a donc arrêté de coder et du coup les hôpitaux n’ont pas de rentrée d’argent et les directeurs comment à le sentir.

– Peux-tu rentrer un peu dans le détail de cette action ?

En fait, il y a un fonctionnement de l’hôpital, c’est la tarification à l’activité. Si tu as un patient hospitalisé, il faut dire ce que tu lui as fait pour gagner l’argent en conséquence, être remboursé. Donc, quand il y a un accouchement, on note si elle a eu un accouchement normal, aux forceps ou une césarienne-ce n’est pas le même prix- et si elle a eu une péridurale, une épisiotomie, une réanimation du bébé. A chaque acte correspond un code de la sécurité sociale. En fait, si les sages-femmes font les accouchements, les seuls codes qui existent pour la sécurité sociale sont les accouchements pratiqués par le médecin. On est donc complètement invisibilisées et refuser de le faire, au contraire, ce nous rend visible d’une part et pèse sur le porte-monnaie de l’hôpital qui ne peut plus être remboursé sur ces actes. C’est notre seul moyen de pression.

– Et donc, tu as l’impression que vous n’êtes pas entendues ?

La ministre nous dit toujours la même chose : on va mettre en place des groupes de travail, on va regarder ce qu’il se passe et on vous tient au courant. Ils sont ok sur le fait que notre place en libéral est importante, ça c’est un acquis. Ils vont essayer de communiquer un peu plus quand dans les campagnes de santé publique, ils disent « adressez-vous à un médecin », si ça concerne la gynécologie et la contraception, ils ajouteront « ou à une sage-femme ». Ca, ça devrait passer. En revanche, en ce qui concerne l’hôpital, ça bloque. Il y a eu des réunions de travail et la ministre va se prononcer en mars. Semble-t-il, elle nous laisserait la possibilité de choisir entre le nouveau statut qui sera proposé ou de rester dans la fonction publique, avec le même salaire.

– Et, tu ne crois pas que la multiplication du nombre de sages-femmes en libéral est à mettre en lien avec la réorganisation des hôpitaux et des maternités ?

C’est certain. Une consultation d’une sage-femme, c’est 21 euros et un gynéco, c’est 28. En effet, tous ces programmes de retour à domicile précoce ont besoin d’avoir recours à davantage de sages-femmes en libéral. Le problème, c’est qu’être sage-femme en libéral aujourd’hui-avec toutes les charges que tu as et le coût de l’assurance professionnel- c’est pas rentable si tu veux pratiquer ton métier à fond. Moi, à mon boulot, il y a deux sages-femmes, bientôt quatre, qui sont à moitié à l’hôpital, à moitié en libéral parce qu’en libéral, tu ne peux pas exercer complètement ton métier parce qu’il y a très peu d’hôpitaux qui permettent de pratiquer les accouchements chez eux si tu es en libéral. Et l’assurance pour effectuer les accouchements domicile est juste exorbitante -ce qui est normal parce qu’un accouchement à domicile, c’est risqué -. Du coup, elles font rarement, les accouchements à domicile. Donc, la base du métier de sage-femme étant les accouchements, le libéral, c’est renoncer à ça. Il y a des sages-femmes qui y renoncent et qui s’installent en libéral mais je pense que c’est pas facile d’être seule dans son cabinet, de ne pas pouvoir demander à ta collègue ce qu’elle en pense, de ne pouvoir appeler personne.

– Donc, tu n’es pas partisane du « tout libéral »…

De toute façon, c’est impossible tant que les accouchements à domicile sont quasi hors-la-loi. Actuellement, les hôpitaux ont des effectifs minimum, ils fonctionnent à flux tendus. Donc, l’effectif actuel à l’hôpital sera toujours dans la même proportion. Le problème, c’est qu’il y a un peu trop de diplômées et c’est vrai qu’ils veulent qu’on s’installe en libéral, ça fait des années que c’est comme ça. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils augmentent petit à petit les compétences des sages-femmes libérales.

– Quelles sont actuellement leurs compétences ?

Depuis un an et demi, les sages-femmes font le suivi gynécologique des patientes en bonne santé : prescription de pilule, pose de stérilet, implants, frottis, etc., si la patiente va bien, s’il n’y a aucun facteur de risque. Après, il y a le suivi de la grossesse, les consultations prénatales, la préparation à la naissance, accouchement si elles ont un plateau technique. Après, il a aussi la rééducation post-natale, les visites post-natales et puis le suivi gynécologique qui suit derrière. Elles ont du boulot, celles qui sont installées en libéral. Après, si toutes celles qui sont au chômage s’installent dans les prochaines années, ça va être bouché.

– Quelles ont été vos actions durant la mobilisation ?

En fait, on va manifester à Paris quand il y a un appel à manifestation nationale. Après, en région, on essaye de faire des petites actions. C’est vrai que nous, ici, on a fait la flash-mob ; on a manifesté en région ; il y a eu une période ou les sages-femmes campaient devant les hôpitaux ; on fait des petites vidéos sur internet ; certaines ont bloqué les péages dans certaines régions : ce sont des petites choses, on ne fout pas autant le bordel que d’autres professions qui sont plus entendues que nous.

– Et au niveau local, vous êtes reçues ?

Oui, ils nous ont reçu, les députés, les maires nous ont reçu, nous soutiennent, retransmettent à la ministre de la santé. En fait, au niveau des hôpitaux et des élus, on est plutôt soutenues. Après, dans la population, il n’y a pas grand monde qui est au courant de notre grève et surtout, le ministère de la Santé essaye de temporiser les choses pour ne pas trop donner d’échos.

– Et quel est votre moral actuellement ?

Certaines sont plus motivées que d’autres. Après, moi, personnellement, je ne suis pas sure que ça aboutisse à quelque chose au final. Je pense que pour les libérales, c’est acquis, il va y avoir un peu plus de visibilité mais pour les sages-femmes hospitalières, je ne vois pas trop de ce qu’on va réussir à obtenir. Ca commence à être long, aussi : la mobilisation a commencé en octobre.

– Quelles sont les perspectives?

Ce qui est certain, c’est que la tension monte à la fois au sein même de la profession et dans les relations avec les médecins et la manière dont ils nous perçoivent. La ministre doit se prononcer début mars et ce qu’elle proposera, ce sera son dernier mot et il ne nous sera probablement pas possible de négocier davantage car la mobilisation dure depuis trop longtemps.

 Propos recueillis par Terrains de Luttes

   

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