« Etranges étrangers » : l’engagement par la photo

La photo comme arme de luttes. Terrains de luttes publie le plus souvent des textes. Mais aujourd’hui place aux photos et au texte de Cécile Arfi, photographe engagée, ici contre le racisme et la discrimination réservés aux Roms, aux nomades…

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Et puis tout est revenu exactement pareil. Les travailleurs privés d’emplois. Certains pauvres, d’autres très très pauvres. Alors dans les journaux, à la télé, dans les micros on a rejoué les mêmes airs pour protéger les mêmes riches, et comme la pluie en septembre on l’a ressorti. Le rom, le tsigane, le bohémien… Le fainéant, le voleur, le bon à rien.

Vous connaissez ? Est il nomade ou sédentaire ? Mais qu’allons nous en faire ? Que prend t-il au petit déjeuner ? Peut il s’adapter ? « Comme quoi Hitler n’en a peut être pas tué assez » Oui vous avez bien lu : « Comme quoi Hitler n’en a peut être pas tué assez » déclarait Gilles Bourdouleix, député maire de Cholet.

Et puis tout est revenu je vous dis. Exactement pareil. Des cocktails molotov sur des caravanes. Des enfants qui ont faim. Des enfants qui meurent dans des incendies. Les bastonnades de la police. Les lynchages publics. Les humiliations, les brimades, les bas instincts. La privation de droits, la théorie des races… Tout. Exactement tout.

Et nous nous regardions, affolés, groggy, faibles. Incapables d’aller contre le sens de l’histoire. Parfois manifester. Parfois écrire ou pétitionner. Parfois photographier. Pour dire et raconter autre chose. Parce que beaucoup hésite encore et parce qu’il faut bien faire quelque chose en attendant la grève.

Moi j’ai choisi la photographie. La photo de studio. Parce qu’on la réserve souvent à ceux qu’on nous présente comme les modèles de réussite. Avez vous déjà vu des images de Laurence Parisot ou de Pierre Gattaz photographiés à l’arrachée et mal peignés ? Un fond pour extraire du quotidien, des lumières pour magnifier… Parce que Nous, « les autres », la majorité qu’on a morcelée et divisée, méritons aussi le beau et l’éclatant.

« Étranges, étrangers » c’est un ensemble de portraits réalisés en 2013 dans des bidonvilles de la métropole Lilloise grâce au concours de personnes qui ont accepté de participer à un travail anti-raciste. Les faits qui légendent ces photos sont tirés d’articles de presse, de rapports ou de conférences mais ne concernent pas forcement les acteurs représentés. Pourtant on peut facilement vérifier que toutes les populations qui vivent dans les bidonvilles ou les « villages d’insertion » connaissent des situations similaires.

 Quelques photos extraites de l’expo2 3 4

« Étranges, étrangers » c’est donc une expo et un ciné-tract à la disposition de qui veut l’inviter à rejoindre son festival, sa conférence, son bar ou son occupations d’usine…

Cécile Arfi

Pour découvrir les photos de Cécile Arfi : http://www.cecilearfi.fr/

   

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