Une vision urbanocentrique

David Harvey, le droit à la ville et la révolution urbaine

Pour le géographe marxiste anglais David Harvey, il ne fait pas de doute que, si révolution il doit y avoir dans l’avenir, celle-ci ne pourra être qu’urbaine. C’était déjà la conclusion d’un article consacré au « droit à la ville » et publié en 2008 dans la New Left Review, qui eut beaucoup d’échos parmi les radicaux de campus : « La révolution doit être urbaine, au sens le plus large du terme, ou elle ne sera pas [1]. »

Harvey récidive dans un ouvrage plus récent, Rebel cities, recueil d’articles où, selon lui, « l’urbain » jouerait un « rôle clef dans les stratégies révolutionnaires » [2]. Pourquoi ? Parce que « les mouvements révolutionnaires revêtent souvent sinon toujours une dimension urbaine ».

Ce postulat n’est pas seulement démenti par nombre de révolutions du siècle dernier, qui ont eu les campagnes pour théâtre d’action principal, du moins dans les pays que l’on appelait du « tiers-monde » – c’est-à-dire la Chine, Cuba, etc. Ce postulat laisse surtout de côté le fait que, au cours de l’histoire, si les gens sont « descendus dans la rue » avec des visées révolutionnaires, c’est rarement en fonction de revendications spécifiquement « urbaines » – pour ne rien dire de ceux qui le font de nos jours, à qui de telles visées sont devenues totalement étrangères. Mais, n’anticipons pas.

 En fait, bien qu’il ne cesse de se référer à Henri Lefebvre, David Harvey se méprend sur le sens donné par celui-ci au concept de « révolution urbaine ». Aux yeux de Lefebvre, il désignait toute une série de transformations traversant les sociétés contemporaines, les faisant passer de l’ère industrielle, avec les conceptualisations et les pratiques correspondantes (croissance, planification, programmation, spécialisation, fonctionnalisme, etc.) à une ère – encore en gestation à son époque – où la problématique urbaine, encore largement ignorée des urbanistes, des architectes et même des spécialistes en recherche urbaine (Lefebvre parlait à ce propos de « champ aveugle » [3]) l’emporterait définitivement, où la recherche des solutions et des modalités propres à la société urbaine passerait au premier plan. Si ce changement d’ère obligeait effectivement à « révolutionner » (au sens métaphorique du terme, la pensée sur la ville et monde en général), ce n’est qu’en le mettant à profit pour inscrire ce renouvellement intellectuel dans une praxis politique orientée vers l’émancipation que pouvait se poser la question de la transformation radicale des rapports de production, c’est-à-dire de la révolution. Autrement dit, contrairement à ce que suppute Harvey, pour Lefebvre, la révolution urbaine était déjà en cours alors que la révolution socialiste était encore à venir… en admettant qu’elle advienne. Car rien n’indique aujourd’hui, dans les protestations, revendications, mobilisations et manifestations portant sur l’urbain, que la fin du capitalisme soit à l’ordre du jour ou en constitue l’horizon. Sauf à réduire celui-ci, comme le fait Harvey, à la forme qu’il revêt depuis les années 1970 : le néo-libéralisme.

 « Dans quelle mesure les luttes anticapitalistes doivent-elles se centrer et s’organiser sur le vaste terrain de la ville et du milieu urbain ? »

Cette interrogation, qui renvoie au postulat mentionné plus haut, selon lequel la ville, au sens générique et contemporain d’espace urbanisé, serait le lieu par excellence et l’enjeu majeur de ces luttes, repose sur une autre hypothèse, qui demanderait, elle aussi, à être vérifiée. Pour Harvey, l’accumulation du capital reposerait désormais essentiellement sur la production de cet espace – production étant entendu au sens, non seulement de « fabrication », mais aussi de « rentabilisation » de son fonctionnement. Ce serait cette production qui constituerait de nos jours, pour les capitalistes, la source essentielle de profit mais aussi qui leur permettrait, en cas de crise de suraccumulation (comme ce serait le cas depuis le dernier tiers du siècle précédent), de faire fructifier, spéculation aidant, les capitaux excédentaires qui ne trouvent plus (ou au moins difficilement) ailleurs d’opportunités pour des investissements profitables. On pourrait objecter que le secteur d’activité des « nouvelles technologies », par exemple, pour ne rien dire de l’industrie de l’armement, continuent d’offrir aux capitaux de larges champs de valorisation. Et que, contrairement à ce qu’avance Harvey, qui a prévu l’objection, ils ne concourent pas tous et uniquement, pour l’un, à produire les infrastructures et les équipements nécessaires à l’urbanisation du capital ou, pour l’autre, à alimenter en armes les forces de l’ordre pour mater les « révoltes urbaines ».

 Il en va de même pour la « violence » en général, dont Harvey, conformément à sa vision urbanocentrique du monde social, fait une réalité spécifique inhérente à la vie urbaine. La violence qui « a dévoré Belfast, a détruit Beyrouth et Sarajevo, a fait trembler Bombay et Ahmedabad et a transformé la Palestine en ruines » n’a pourtant rien à soir avec cette vision quasi essentialisée de la ville. Elle renvoie à des conflits d’ordre géostratégiques mettant aux prises des protagonistes animés par des intérêts et des préoccupations divers, dont les dimensions économiques, politiques et idéologiques sont inextricablement mêlées. Ces « mélanges étranges » et ces « improbables confrontations » font effectivement « partie intégrante de la scène urbaine », comme l’affirme Harvey, mais à condition de ne pas présenter cette scène comme leur foyer matriciel ou originel.

 « Épicentre de la destruction », « créatrice » ou non, la ville l’est bien. (Encore que, du point de vue écologique, le saccage et la dévastation dus au mode de production capitalise s’étendent à la planète entière et même au-delà si l’on prend en compte l’atmosphère.) Mais la ville n’est cet « épicentre » que dans la mesure où son territoire et sa population constituent, en tout ou en partie, l’objet (voire, de plus en plus souvent, l’objectif, au sens militaire) de cette destruction, comme ce fut le cas en Serbie, en Afghanistan, en Irak et plus récemment, en Lybie et en Syrie. Pour remonter à des temps plus lointains, ceux d’Hiroshima et de Nagasaki ou, plus loin encore : certains quartiers ouvriers de Hambourg et de Dresde doivent leur anéantissement sous le feu nucléaire ou des bombes incendiaires au fait que ces villes étaient prises pour cibles dans le cadre d’affrontements inter-impérialistes, et non à cause d’on ne sait quelle violence intrinsèque de la réalité urbaine.

 Que les villes soient devenus le théâtre principal voire exclusif des opérations de maintien ou de rétablissement de l’ordre en Occident, sinon dans le reste du monde, est parfaitement logique, étant donné que la majeure partie de la population vit désormais dans des aires urbaines. Mais le fait que les désordres auxquels ces opérations répressives sont censées mettre fin – quand elles ne les déclenchent pas ! – prennent place dans ce cadre spatial n’implique pas pour autant qu’ils soient liés à une « question urbaine ». Autrement dit, si les contradictions et les conflits propres à une société de classes s’expriment presque exclusivement dans la ville, cela ne signifie pas que leur origine doive être automatiquement recherchée dans celle-ci.

 Selon le géographe marxiste, « si l’urbanisation est devenue aussi décisive pour l’accumulation du capital et si les forces du capital et de ses innombrables alliés doivent se mobiliser inlassablement pour révolutionner périodiquement la vie urbaine, cela implique inévitablement une forme quelconque de lutte des classes » – où l’alliance avec la petite bourgeoisie intellectuelle, au moins ses franges supérieures et même moyennes, assure à la bourgeoisie le maintien de son hégémonie. « Parce que les forces du capital, poursuit Harvey, doivent énergiquement s’efforcer d’imposer leur volonté à un processus urbain et à des populations entières qui ne seront jamais, même dans les circonstances les plus favorables, entièrement sous contrôle. » Certes, mais n’est-ce pas là aussi tourner le dos à ce qui s’est réellement passé et continue de se passer depuis que la logique du capital régit l’urbanisation ?

Depuis que le monde est devenu, en partie puis dans sa totalité, le monde capitaliste, l’urbanisation qui lui correspond a certes suscité maintes résistances de la part des citadins qui en faisaient les frais, massives et violentes parfois, mais toujours ponctuelles et éphémères. Des résistances qui ont tout au plus conduit les dirigeants politiques et leur servants dans le domaine de l’aménagement urbain à moduler certains de ses aspects sans jamais cependant en enrayer le cours.

 Pour ce qui est de la France, la « gentrification », par exemple, c’est-à-dire le dépeuplement, programmé ou « spontané », des quartiers populaires au profit des néo-petits bourgeois en quête d’aménités urbaines, ne rencontre guère d’obstacles sérieux malgré la multiplication de squats et de collectifs opposés à cette politique ou ce processus de « requalification urbaine ». Il en va de même pour la « métropolisation », résultante de la concentration spatiale des activités de décisionnelle et directionnelle dans quelques villes « globales » ou candidates à le devenir, indispensable à la transnationalisation du capital. Dusse cela chagriner les militants qui s’échinent ici et là dénoncer ses effets néfastes pour les classes populaires par quelques manifestations sans lendemain – qui ne drainent d’ailleurs pas les foules. Ainsi la mise en œuvre du « Grand Paris » n’a-t-elle pas été jusqu’ici ralentie pour autant. Ses aléas ne proviennent que de facteurs économiques ou des dissensions qui opposent entre eux, à l’échelle nationale ou locale, les responsables politiques, gauche et droite institutionnelle confondues. Comme avec le Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de la Région parisienne, mis sur les rails sans problèmes majeurs en 1965 par la technocratie gaulliste, à une époque où, pourtant, la petite bourgeoisie intellectuelle, alors écartée du pouvoir, portait la « contestation du système » sur le front urbain. Il y a tout lieu de penser que le « Grand Paris » – dont on attend encore une critique de fond de ses tenants réels et de ses aboutissants probables de la part des chercheurs urbains qui se prétendant « radicaux » – s’inscrira sur le terrain sans se heurter à des soulèvements populaires susceptibles d’obliger ses promoteurs publics ou privés à faire marche arrière [4].

Le précariat urbain fer de lance de la révolution?

Deuxième thèse de David Harvey, qui à la fois découle de la précédente et la sous-tend : la classe ouvrière au sens étroit du terme cesserait d’être l’acteur premier d’une éventuelle révolution. Il conviendrait en effet, selon le géographe britannique, de « réélaborer et de reformuler de manière adéquate les concepts de “travail” et de “classe” ». Certes, « l’exploitation du travail vivant dans la production reste bien un concept central pour n’importe quel mouvement anticapitaliste » ; mais il faut « redéfinir de concept de “travail” en passant d’une définition étroite liée aux formes de l’industrie et de la fabrication au terrain beaucoup plus large du travail consacré à la production et la reproduction d’une vie quotidienne de plus en plus urbanisée ». De quels travailleurs s’agit-il ?

 Dans l’Occident post-industriel que David Harvey nomme « notre partie du monde » – encore que certains des pays auxquels il se réfère à l’appui de sa thèse appartiennent plutôt à la catégorie des économies dites « moins avancées », tels la Tunisie, l’Égypte ou la Turquie –, une nouvelle force sociale, le « précariat », serait susceptible de prendre la place du prolétariat ouvrier pour en finir avec la domination du capital. Harvey semble toutefois hésiter à donner un statut scientifique à cette notion puisqu’il la met entre guillemets et la fait précéder d’un « soit-disant » – « so called ». Peut-être eût-il mieux valu, comme le font déjà maints chercheurs, intégrer tous les travailleurs voués à des emplois d’exécution (réguliers, temporaires ou à temps partiel et toujours mal rétribués) au prolétariat pris dans sa définition marxienne de classe composée d’individus n’ayant pour vivre que leur seule force de travail à vendre [5].

 Toujours est-il que la désindustrialisation, le poids croissant des activités de services et le passage du capital au stade de l’accumulation flexible ont effectivement eu pour effet, outre la désagrégation de ce qu’on nommait « classe ouvrière », de donner naissance à une classe de « travailleurs urbains de types très divers et pas seulement d’ouvriers d’usine », qui constituent « une formation de classe très différente » du prolétariat traditionnel. Mais, selon Harvey, « fragmentés, itinérants, désorganisés, fluides, peu solidement implantés », tous œuvreraient à un titre ou à un autre, non seulement à la production matérielle de l’espace urbain, mais à son fonctionnement, en incluant les services entrant en jeu dans l’existence des citadins, y compris ceux fournis par les travailleurs du secteur dit « informel », marginalisés et inorganisés. « Tout comme nous vivons l’industrialisation des bas salaires, affirme Harvey, nous pouvons dire que nous vivons l’urbanisation des bas salaires ». Parce qu’il lui reviendrait de « réaliser cette tâche dont l’importance va croissant : maintenir la vie urbaine », ce « travail collectif » doit « s’insérer plus profondément dans la pensée et les organisations de la gauche ».

 C’est pourquoi « les luttes des travailleurs contre la récupération et la réalisation de la plus-value dans leur espace vital doivent recevoir un traitement égal à celui des luttes dans les différents lieux de production dans la ville ». Et cela d’autant plus que ce serait des rangs de ce « précariat » que serait issu le gros des troupes des mouvements sociaux urbains appelés à changer radicalement la société. Aussi Harvey reproche t-il à la gauche traditionnelle de n’avoir pas su jusqu’ici « capter leur potentiel révolutionnaire ». Très souvent, ils seraient « sous-évalués comme de simples tentatives réformistes pour résoudre des questions spécifiques (plus que systémiques) » et, par conséquent, non considérés comme des « mouvements véritablement révolutionnaires, ni de classe ». Or, «  au cas où il y aurait un quelconque mouvement révolutionnaire à notre époque, […] il serait le fait de ce “précariat” problématique et désorganisé ». D’où « le grand problème politique » : « Comment des groupes aussi divers pourraient-ils s’auto-organiser et se convertir en force révolutionnaire » ?

 La réponse, comme on pouvait s’y attendre, viendra du milieu académique, et plus précisément des chercheurs qui ont fait de la critique de l’urbanisation du capital leur spécialité. « Une partie de notre tâche, affirme Harvey, consiste à comprendre l’origine et la nature de ces plaintes et revendications ». L’idée de droit à la ville « ne surgit pas en premier lieu de diverses fascinations et modes intellectuelles, encore qu’elles existent aussi, évidemment », reconnaît Harvey – qui ne s’interroge pas non plus sur le sens de cette « évidence », vue comme un « appel au secours de gens opprimés à une époque de désespérance. Comment répondent alors les universitaires et les intellectuels à cette demande d’aide ? » Encore faudrait-il que la demande invoquée soit effective, que la question soit elle-même fondée. Or, il semble bien que la réponse proposée découle moins d’analyses concrètes de situations concrètes (comme le recommandait Lénine en d’autres circonstances) que d’interprétations souvent illusoires de ces situations.

 Rappelons tout d’abord que « l’origine et la nature des plaintes et revendications » portées par les manifestations dont Harvey fait état ne renvoyaient pas à des « questions urbaines » – exceptées certaines revendications des Indignés espagnols en 2011 concernant le logement, qui, d’ailleurs, n’appartenaient pas aux classes les plus défavorisées. Certes, le soulèvement d’une partie de la jeunesse turque, deux ans plus tard, provoqué par le projet de transformations-destruction d’un parc d’Istanbul en centre commercial, qui fut l’objet d’une violente répression, est venu en 2013 apporter a posteriori de l’eau au moulin « urbain » de David Harvey. De même que les énormes manifestations, dans les principales villes brésiliennes, en juin de la même année, d’une population exaspérée par le gaspillage des fonds publics en infrastructures et équipements destinés à accueillir le coupe du monde en 2014 et les jeux olympiques deux ans plus tard [6]. Mais, là encore, la dynamique anticapitaliste de ces luttes urbaines brillait par son absence : les manifestants ne mettaient pas en cause le système social ni même le régime politique pas plus que la légitimité du gouvernement, et aucune voix ne s’est élevée pour exiger de la présidente de la République, l’ancienne guérillera urbaine marxiste Dilma Roussef, de démissionner. On lui demandait seulement d’« écouter » les manifestants !

Sans doute grisé, lui aussi, par les mouvements d’occupation des places et des rues qui ont jalonné l’année 2011 dans divers pays, le marxiste anglais s’exclamait : « La domination brutale du capital et le pur pouvoir de l’argent sont partout sur la défensive. » Selon lui, le milliardaire étasunien Warren Buffet, qui imaginait que ses pareils allaient gagner la guerre de classe qu’ils livraient à l’échelle planétaire, se serait trompé. Peut-être cet universitaire « radical » ferait-il mieux de balayer devant sa porte car il semble lui aussi quelque peu porté à prendre ses désirs pour des réalités. Qu’il s’agisse des manifestations sur la place Syntagma à Athènes, de l’avenue Bouguiba à Tunis ou de la place Tahir au Caire, des Indignés espagnols, de la foule d’Occupy Wall Street ou des étudiants et lycéens affrontant la police dans les rues de Londres, à aucun moment l’ordre capitaliste n’a été sérieusement ébranlé. Dans le cas dudit « Printemps arabe », le renversement de cet ordre n’était pas inscrit à l’ordre du jour. Même si une partie d’entre eux étaient mus par la révolte contre une situation misérable, il ne s’agissait pour les manifestants que de se débarrasser d’une clique au pouvoir, et non de « déposséder les possédants », pour reprendre un mot d’ordre du vieux mouvement ouvrier européen. En Espagne, aux États-Unis et en Angleterre, seule la version néo-libérale du capitalisme était mise en cause, et les victimes diplômées du sous-emploi ou du chômage, de l’augmentation des frais de scolarité ou du manque de logements abordables, n’étaient descendues dans la rue que pour la fustiger. Quant à la Grèce, où l’on a cru, du moins parmi les observateurs étrangers, que le pays était « au bord de l’explosion » pour ne pas dire de la révolution, il ne fallait pas être devin pour deviner que la levée en masse du peuple contre la « troïka » finirait – canalisée par les stratèges néo-petits bourgeois de Syriza, soucieux avant tout de « dissocier la question politique du mouvement social » – par jouer le rôle de masse de manœuvre pour servir les ambitions électorales des leaders de ce parti.

 La suite des événements a finalement montré que, aussi massive et vive soit-elle, l’expression collective d’une colère populaire dans l’espace public urbain contre la spoliation et la dépossession – auxquelles on peut ajouter la corruption et, dans le cas de l’Égypte et de la Tunisie, la répression – conduit à l’impasse dès lors qu’elle ne s’inscrit pas dans une stratégie de prise de pouvoir avec pour horizon le dépassement du mode de production capitaliste. Il est symptomatique à cet égard que, parmi les slogans braillés ou affichés sur les banderoles lors des manifestations, les mots « socialisme » ou « communisme » qui désignaient cet horizon par le passé n’aient jamais figuré, pas plus que d’autres termes susceptibles de les remplacer.

Jean-Pierre Garnier

Du même auteur, dernier ouvrage paru, Une violence éminemment contemporaine. Essais sur la ville, la petite-bourgeoisie intellectuelle et l’effacement des classes populaires, Agone, coll. « Contre-Feux », 2010.

[1] David Harvey, « TheRight to the City », New Left Review, nov.-déc. 2008, n° 53.

[2] David Harvey, Rebel Cities : From the Right to the City to the Urban Revolution, Verso 2011.

[3] Henri Lefebvre, La Révolution urbaine, Gallimard, 1970.

[4] Lire « Le “Grand Paris” : une urbanisation sans urbanité », Terrains de luttes.

[5] Sarah Abdelnour, Les Nouveaux Prolétaires, Textuel, 2012.

[6] À quoi s’ajoutait la résistance désespérée des habitants des favelas brésiliennes délogés en masse manu militari (plus de 360 000 personnes expulsées) en vue de ces événements sportifs et, au-delà, pour laisser la place à de juteuses opérations immobilières dans des zones bien situées.

   

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