Les dossiers de Terrains de Luttes

n°17 « Nous avons tous la ferme intention de changer nos vies »

Actualité de la lutte des classes aux États-Unis

Depuis quelques années, la révolte gronde aux États-Unis, balayant avec elle les derniers vestiges de la croyance en la passivité ou la résignation des Américain-e-s. Les mouvements liés à Occupy Wall Street ont essaimé à travers le pays en 2011 et remis sur le devant de la scène médiatique et politique les inégalités de classe. Plus récemment, les épisodes de révoltes urbaines à Ferguson puis à Baltimore ont rappelé que le racisme systémique dont sont victimes les populations noires (mais aussi hispaniques) sont indissociables de la dégradation générale des conditions de vie : le chômage structurel, l’incarcération de masse, l’abandon des quartiers populaires par les services publics et les institutions de l’État social (agences pour l’emploi, centres hospitaliers, logements sociaux, etc.) et la relégation spatiale. Mais ces derniers temps aux États-Unis, les luttes sociales n’ont pas seulement lieu sur les places publiques « occupées » par les « 99 % » ou dans les ghettos, eux aussi « occupés », mais par la police. Si Occupy Wall Street puis Ferguson et Baltimore ont été abondamment relayés par les médias hexagonaux, le renouveau des luttes sociales aux États-Unis s’observe aussi sur un front de luttes plus « traditionnelles », celui des conflits du travail – en s’appuyant d’ailleurs sur d’autres mouvements sociaux, qui eux-mêmes empruntent aux stratégies du mouvement ouvrier. Ainsi, le mouvement des travailleurs précaires pour un salaire minimum décent de 15 dollars de l’heure, mouvement « Fight for 15 », prend de plus en plus d’ampleur et s’étend à des secteurs industriels et géographiques traditionnellement peu concernés par les luttes syndicales. Les luttes des déménageurs de Chicago, des enseignants de Chicago et des étudiants et précaires de l’enseignement supérieur à New York University témoignent par ailleurs de nouvelles formes de militantisme et de confrontation avec les intérêts du capital et de ses intermédiaires. Enfin, deux articles replacent cette actualité des luttes sociales dans le temps long des mouvements sociaux américains. Un entretien avec un militant de la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires de Detroit revient sur l’extraordinaire expérience de son organisation, qui mobilisa des travailleurs noirs de l’automobile dans des syndicats révolutionnaires autonomes ; et un article de Kim Moody, fondateur de la revue et du collectif Labor Notes, revient sur l’histoire des grèves de masses et sur la manière dont la grève générale a été conçue comme l’instrument de lutte par excellence des classes populaires. Contre le discours néolibéral de la « fin de l’histoire » et de l’archaïsme de la grève, Moody insiste sur l’actualité de grèves de masse capables, en se muant en grève générale, de bloquer la production et les échanges de marchandises, et ce faisant de changer le rapport de force entre les classes.

DOSSIER TDL n°17 TÉLÉCHARGER ICI

Chicago Teachers Union members and supporters, including some students, rally in Congress Plaza on Michigan Avenue in downtown Chicago, Illinois, Thursday, September 13, 2012. (E. Jason Wambsgans/Chicago Tribune/MCT)

Chicago Teachers Union members and supporters, including some students, rally in Congress Plaza on Michigan Avenue in downtown Chicago, Illinois, Thursday, September 13, 2012. (E. Jason Wambsgans/Chicago Tribune/MCT)

   

Commentaires fermés

A la Une : Librairie en luttes

 

Répression syndicale

 

Ces lobbys qui nous pourrissent la vie !

 

Essais

 

Luttes des classes en Europe