Syndicats – Nuit Debout: même combat

Après la manifestation parisienne du 28 avril dernier pour le retrait de la loi Travail qui a encore rassemblé 50.000 personnes, militants mais aussi responsables syndicaux étaient invités à s’exprimer à l’assemblée générale populaire de la Nuit Debout place de la République.

Une dizaine d’intervenants de différents secteurs se sont succédés devant une foule de plusieurs milliers de personnes scandant régulièrement « grève générale » : des représentants de la Coordination Nationale Etudiante et Lycéenne, d’organisations féministes, des intermittents mais aussi une prise de paroles croisée de cheminots CGT et SUD en faveur de la grève reconductible, à partir du 17 mai, contre la réforme de la législation du temps de travail propre à l’entreprise ferroviaire qui n’est pas sans rappeler la loi Travail et une autre de SUD Commerce à contraindre les supérettes ouvertes illégalement le dimanche 1er mai à baisser leur rideau. A l’applaudimètre, c’est l’appel d’un responsable de SUD Poste 92, tirant les leçons du mouvement contre la réforme des retraites certes massif mais perdant, à un joli mois de mai à travers la construction de la grève reconductible qui l’emporte.

Puis vient le tour des dirigeants syndicaux : outre les déclarations d’Eric Beynel, co-délégué de l’Union syndicale Solidaires, pour qui la présence de son organisation est naturel et des deux CNT (FO avait décliné l’invitation et la FSU brillait par son absence), celle de Philippe Martinez, Secrétaire Général de la CGT était particulièrement attendue. Dans la lignée des débats du récent congrès confédéral, entendre publiquement le numéro un de la principale centrale syndicale non seulement condamner la violence policière mais aussi appuyer la nécessité d’une grève générale relève de l’inédit et s’annonce prometteur pour la suite.

Manifestation contre le projet de loi El'Khomri de réforme du code du travail 9 avril 2016 Paris Photothèque Rouge/MILO

Manifestation contre le projet de loi El’Khomri de réforme du code du travail 9 avril 2016 Paris
Photothèque Rouge/MILO

Il faut bloquer pour que tout se débloque

Le traditionnel défilé du 1er mai, plus fourni sur Paris que les années précédentes, a consolidé ces liens : en effet, la police, fait rare, a, au prétexte d’incidents mineurs, bloqué pendant près de deux heures le cortège syndical, pourtant dûment déclaré en préfecture… Jeunes et moins jeunes ont alors fait l’expérience commune de la répression en encaissant tirs de lacrymogènes et charges des CRS.

Alors que l’examen du texte débute ce mardi à l’Assemblée Nationale, le rapprochement entre équipes syndicales revendicatives et nuit deboutistes est une des clés de la poursuite de la mobilisation et de sa réussite. En effet, face à une mobilisation qui ne grossit pas mais ne faiblit pas pour autant, les Nuit Debout peuvent tenir lieu d’assemblées générales interprofessionnelles comme on a connu en 2010 en s’assumant comme des cadres d’actions, combinant le savoir faire syndical et la spontanéité de ses participants. Occupation d’un multiplex puis d’une salle municipale à Rennes, celle de l’hôtel de ville d’Amiens, perturbation du conseil municipal de Clermont Ferrand et du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté : voici quelques actions menées par Nuit Debout ces derniers jours. Les étendre, avec l’appui des travailleurs concernés, aux lieux de production et de flux de marchandises, c’est se donner un avantage décisif pour tâcher de mettre à bas la loi El Khomri et son monde.

LD

   

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